Dans le cadre de son suivi de la détérioration importante et accélérée des droits de l’homme en Tunisie, en particulier le droit à un procès équitable devant une justice indépendante et une cour de justice avec la garantie du droit à la défense, et face de ce qui a caractérisé les récentes arrestations par Qais Saeed de violations de la loi, d’intimidations et d’atteintes à l’intégrité physique, le Centre Genève pour la démocratie et les droits de l’homme s’adresse à l’opinion publique tunisienne et internationale et à toutes les organisations nationales et internationales concernées par les libertés et les droits de l’homme :
1 -Confirme que l’arrestation et l’abus du juge Al-Bashir Al-Akrami, une personnalité judiciaire jouissant d’une grande crédibilité internationale, font partie d’une série de mesures auxquelles le président Saeed a eu recours pour soumettre le pouvoir judiciaire à son autorité. une campagne de diffamation féroce et immorale qui comprenait l’isolement et l’abus des juges qui ont exprimé leur adhésion à leur indépendance.
2- Condamne la délinquance de l’autorité exécutive tunisienne à commettre le crime de torture et de traitements inhumains et dégradants contre le juge Al-Bashir Al-Akrami à travers la décision de lui fournir un refuge obligatoire à l’hôpital Al-Razi pour maladie mentale, à la lumière de fortes suspicions de non-respect des conditions médico-légales pour cela. En outre, l’empêchement injustifié de l’Autorité nationale de prévention de la torture, ainsi que de son épouse, de lui rendre visite alimente de forts soupçons que cette mesure s’inscrit dans le cadre du harcèlement du juge Al-Bashir Al-Akrami et du non-respect de l’application des décisions judiciaires antérieures ordonnant sa mise en liberté et l’acquittement des soupçons qui lui sont imputés, dans l’attente de la fabrication d’un dossier d’inculpation. En outre, les rumeurs sur la possibilité de son suicide via des sites Web suspects rappellent des scénarios noirs qui pourraient constituer un crime d’État si quelque chose de mal arrivait au juge Al-Akrami concernant sa santé, son ingéniosité ou son équilibre psychologique et mental. C’est ce qu’il faut vivement constater et mettre en garde, afin de préserver la santé, la vie et la liberté de ce citoyen.
3- Le Centre demande à l’Autorité de Défense du Juge Al-Bashir Al-Akrami et de sa famille d’exiger de la justice qu’elle soumette leur représentant à un examen médical impartial pour évaluer la validité médicale de la décision de mise à l’abri obligatoire et l’invite à s’y opposer par écrit à la décision de détention obligatoire et aux décisions d’empêcher les visites qui l’ont affecté sans motif et en violation flagrante de la loi, avec la publication d’objections à l’opinion publique interne et internationale. Elle demande également à l’Autorité nationale de prévention de la torture, en vertu de ses attributions, d’intervenir immédiatement sans délai pour contester la validité de la décision de mise à l’abri obligatoire et de demander un avis conjoint sur l’objet du Comité national de déontologie médicale, le Décanat national des médecins et l’Autorité de spécialisation en psychiatrie. Le Centre note que tout manquement de la commission la tiendrait, ainsi que ses membres, légalement et pénalement responsables de ce qui arrive au juge suspendu.
4- Le Centre condamne la délinquance de l’autorité exécutive à commettre le crime de torture et de traitements inhumains et dégradants à l’encontre du professeur Noureddine Al-Buhairi, car elle a directement porté atteinte à son intégrité physique, ce qui a nécessité qu’il subisse une opération de l’épaule avec anesthésie complète. Il est actuellement maltraité en prison, car il ne trouve rien d’autre pour défendre ses droits que de faire une grève de la faim, malgré les nombreuses maladies chroniques dont il souffre.
5- Condamne fermement toutes les formes de violences physiques et psychologiques dont les accusés et leurs familles ont été victimes lors d’incursions illégales dans leurs domiciles, les arrêtant et les conduisant parfois dans des lieux de détention inconnus.
6- Il dénonce l’ingérence du président tunisien dans le système judiciaire à travers ses discours et ses accusations contre les personnes concernées sans aucune considération pour leurs personnes et leurs familles ni respect de la présomption d’innocence, ainsi que son recours à l’utilisation des médias publics et de la page officielle de la Présidence de la République pour qualifier ses opposants politiques de criminels et de terroristes et appeler à en purger le pays dans le cadre d’une « bataille de libération nationale ».
7- Confirme que les récents interrogatoires et procès – qui visaient tous les groupes d’opposition – sont des procès politiques pour liquider des opposants politiques sans respecter les conditions d’un procès équitable et impartial, et appelle les familles des victimes, les médias libres et toute la société civile organisations concernées par les libertés et les droits de l’homme pour les documenter et dénoncer et traquer les auteurs devant les tribunaux nationaux et internationaux.