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Conférence de presse du CGDDH à Genève sur la situation en Tunisie : Retour sur les interventions des invités

Le Centre De Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, a organisé le 1er février 2023, une conférence de presse portant sur « Pouvoir politique en Tunisie : Droits de l’Homme et démocratie ?». Plusieurs avocats, observateurs de la situation tunisienne, activistes et défenseurs des droits de l’homme, en Tunisie et en Europe, ont participé à cette conférence, qui a eu lieu au Club suisse de la presse à Genève.

En marge de cette conférence, l’avocat tuniso-suisse et président du Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme Me Ridha Ajmi, a indiqué que, le peuple tunisien a clarifié sa position vis-à-vis des élections, en boycottant les urnes le 17 décembre 2022 et le 29 janvier 2023.

Le président du CGDDH a par ailleurs assuré que depuis le coup d’Etat en juillet 2021, Kais Saïd détient tous les pouvoirs. « Après avoir suspendu le parlement, le président dirige seul le pays par des décrets-lois non susceptibles de recours en annulation », a dit Me Ajmi. Et d’ajouter : « En Tunisie, on ne peut plus parler de principe de séparation de pouvoirs. Ce qu’on remarque, c’est que Kais Saïd se précipite pour mettre en place un régime semblable à celui de Kadhafi, qui combine son penchant ultra présidentialiste, avec du nationalisme, des aspects religieux et un discours populiste haineux. » .

Me Ajmi a averti, que ce que fait Kais Said met en péril la jeune démocratie tunisienne, commençant par la dissolution du parlement, la modification de la loi électorale, le référendum, et arrivant aux nouvelles élections falsifiées : « Avec les différents décrets-lois qu’il adopte, pour modifier la loi électorale, Kais Saïd offre non seulement un parlement sans partis politiques et sans opposition, mais s’attaque également aux droits des tunisiens à participer aux élections. En outre, il met en place un climat général extrêmement hostile aux droits fondamentaux, puisque tous les partis politiques et les corps intermédiaires de la société civile sont aujourd’hui écartés de la vie publique.», a indiqué le président du CGDDH.

Me Amji a par ailleurs expliqué : « Ce n’est pas seulement la démocratie qu’on est en train de perdre dans le pays de la révolution du Jasmin, berceau du printemps arabe, mais c’est aussi la perte de l’Etat même qui nous inquiète, avec ce qui peut en résulter. »

De sa part Me Ayachi Hammami, avocat tunisien et militant des droits de l’homme, a critiqué la situation judiciaire en Tunisie aujourd’hui : « Les juges en Tunisie vivent un harcèlement extrême et continu. Le président Kais Saïd cherche à mettre la main sur le pouvoir judiciaire. », a-t-il dit.

Il a ajouté que les autorités tunisiennes refusent d’exécuter des décisions en faveur des 57 juges limogés sans preuves, et exercent une pression sans précédent sur le pouvoir judiciaire.

Dans le même contexte, l’avocat tunisien Me Ibrahim Belghith, a expliqué que les autorités en Tunisie n’ont pas respecté la décision de la Cour Africaine des Droits de l’homme, qui ordonne d’abroger les Décrets présidentiels no 2021-117 du 22 septembre 2021 et les décrets y visés Nos 69, 80, 109 du 26, 29 juillet et 24 août 2021 et les décrets n° 137 et 138 du 11 octobre 2021. La décision de la Cour Africaine, a également demandé aux autorités tunisiennes de rétablir la démocratie constitutionnelle dans un délai de deux ans et de prendre toutes les mesures nécessaires à l’opérationnalisation de la Cour constitutionnelle, et à la levée de tous les obstacles juridiques et politiques qui entravent cet objectif.

De son côté, le secrétaire général du conseil des affaires internationales et du développement à Genève, Me Anouar Gharbi, a indiqué que : «la Tunisie traverse une crise économique et sociale inquiétante, due, en grande partie, à la gestion chaotique des autorités en place après le coup d’Etat du 25 juillet 2021. »

En ce qui concerne la position de l’Europe, notamment la Suisse, de la situation actuelle en Tunisie, le conseiller genevois Me Pierre Vanek, un des participants à la conférence a assuré que : “Le parlement genevois a fait ce qu’il peut pour dénoncer les mesures prises après le coup d’Etat perpétré en Tunisie en juillet 2021, et le respect des droits de l’homme et de la démocratie nous concerne. »

Il a aussi ajouté que le Grand Conseil genevois ne va pas se contenter de sa résolution prise, suite au rapport de la Commission des droits de l’homme, et fera tout pour continuer à soutenir le droit du peuple tunisien, pour qu’il reprenne sa démocratie en plein respect de ses droits.

De sa part, la Conseillère fédérale Laurence Fehlman Rielle, a affirmé dans son intervention que : « La Suisse a soutenu la Tunisie depuis la révolution, et soutient fermement son processus démocratique. »

Madame Fehlman Rielle pense que l’UIP ne va pas accepter le nouveau parlement comme représentatif du peuple tunisien : « La femme et la jeunesse tunisienne ont boycotté très largement les urnes en décembre 2022 et janvier 2023, et le taux d’abstention de 90 % est explicite et inquiétant. », a-t-elle conclu.

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