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Le Centre de Genève exprime sa préoccupation et sa solidarité envers les détenus politiques en Tunisie

**COMMUNIQUÉ DE PRESSE**

Genève, le 6 octobre 2023 – Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits Humains (CGDDH) suit attentivement la situation en Tunisie, où des personnalités politiques et des membres de partis politiques ont entamé une grève de la faim en signe de solidarité avec les détenus politiques. Cette action intervient suite à l’arrestation de Mme Abir Moussi, une autre opposante, deux jours après son arrestation près de l’entrée du Palais présidentiel de Carthage.

Le CGDDH rappelle que depuis juillet 2021, le président Kaïs Saïd a pris des mesures exceptionnelles, invoquant des pouvoirs d’exception prévus par la Constitution tunisienne de 2014. Ces mesures ont entraîné l’ouverture d’enquêtes pénales contre des personnalités de l’opposition, considérées comme des ennemis du président. De plus, il a dissous le Parlement, pris des décrets-lois menaçant la liberté d’expression, supervisé la rédaction d’une nouvelle constitution, et cherché à renforcer son influence sur le pouvoir judiciaire, instrumentalisé pour faire taire l’opposition et réduire au silence le système de contre-pouvoirs institutionnels. Le président K. Saïd a également acquis des pouvoirs lui permettant d’intervenir dans la gestion de la carrière des magistrats, les révoquant sommairement et ayant le dernier mot pour la nomination des magistrats. Il a, par exemple, révoqué arbitrairement 57 magistrats en juin 2022, tandis que le climat d’intimidation s’est accentué avec des déclarations qualifiant des figures de l’opposition de “terroristes”.

Des personnalités politiques et partisanes tunisiennes ont entamé une grève de la faim en soutien aux prisonniers politiques en grève. Plus de 60 politiciens, dont des membres du parti politique principal Ennahda et de la gauche tunisienne, ainsi que des personnalités indépendantes influentes, ont rejoint cette grève pour protester contre une justice partiale et demander la libération des prisonniers politiques. Cinq prisonniers en grève de la faim, dont Rached Ghannouchi, le chef du mouvement Ennahdha et ex-président du parlement tunisien, ont également lancé cette action en signe de solidarité.

Le président tunisien Kaïs Saïd, qui a critiqué la grève de la faim des prisonniers politiques, les a à nouveau accusés de conspirer contre la sécurité de l’État, préférant poursuivre sa politique d’utilisation du système judiciaire pour réprimer l’opposition et limiter la liberté d’expression en terrorisant les journalistes arrêtés pour avoir critiqué le gouvernement.

Le Centre de Genève, condamnant fermement l’utilisation abusive de la détention préventive pour réduire au silence l’opposition politique, déclare que ces mesures portent atteinte aux droits humains et à la démocratie en Tunisie. Il apporte un soutien inconditionnel à la grève de la faim des opposants politiques détenus et de leurs membres de la famille. Le CGDDH appelle à la vigilance internationale et à la protection des acquis démocratiques et des droits civils en Tunisie. La défense de la démocratie et des droits humains demeure une priorité indiscutable dans cette région en proie à l’instabilité politique et institutionnelle.

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