Le prisonnier politique tunisien Mohammed Ben Salem, arrêté le 3 mars 2023 près de Médenine pour l’accusation de tenter de franchir illégalement la frontière, est actuellement en danger de mort en détention. En tant qu’opposant et ancien réfugié politique en France, M. Ben Salem faisait l’objet d’une interdiction de quitter la Tunisie depuis septembre 2022, ce qui l’a séparé de sa famille en France et l’a privé de ses soins médicaux réguliers pour le diabète, l’hypertension artérielle et ses problèmes cardiaques.
Victime de deux crises cardiaques successives lors de son arrestation, il a été interrogé par le juge d’instruction tunisien pendant cinq heures alors qu’il se trouvait en salle de soins intensifs, ce qui constitue une violation flagrante de la Convention contre la Torture signée par la Tunisie. Malgré son état de santé précaire, M. Ben Salem a été extrait de la salle de réveil le 8 mars et emprisonné.
Depuis lors, son état de santé s’est dangereusement et constamment détérioré, ce qui a suscité une vive inquiétude chez sa famille.
Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, réitère sa condamnation ferme des pressions exercées sur les juges en Tunisie ainsi que les mesures d’interdiction de voyager, qui sont devenues courantes pour harceler l’opposition tunisienne, les hommes d’affaires et les anciens cadres de l’Etat. Le Centre appelle les autorités tunisiennes à libérer immédiatement Mohammed Ben Salem, à lever son interdiction de voyager et à mettre fin aux campagnes de diffamation à l’encontre de sa famille. Il enjoint également la société civile tunisienne et les organisations internationales à intervenir d’urgence pour protéger les droits humains et la vie de M. Ben Salem.