Le Centre de Genève pour la Démocratie et les droits humains (GCDHR), une organisation basée à Genève qui promeut la démocratie et le respect des droits de l’homme, exprime sa profonde préoccupation face aux déclarations racistes et haineuses du président tunisien, Kaïs Saïd, envers les migrants d’Afrique subsaharienne.
Le GCDHR informe l’opinion publique internationale qu’il a déposé trois dénonciations/plaintes auprès du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, Madame Ashwini K.P., Rapporteuse spéciale aux Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée.
Elle a également informé le Secrétariat général de l’Union européenne, sur la base de l’article 2 l’Accord d’Association entre la Tunisie et l’UE qui fait du respect des droits humains un cadre impératif aux parties, sollicitant aussi l’examen des conditions des accords bilatéraux de la Tunisie et les membres de l’Union dans l’exécution de l’externalisation des frontières européennes, à l’origine de l’augmentation du nombre des immigrés en Tunisie dans des conditions inhumaines et inacceptables.
Dans les trois plaintes déposées, le GCDHR a souligné qu’il est préoccupé par les vagues d’arrestations massives et d’agressions arbitraires visant les migrants subsahariens en Tunisie, ainsi que par les violations des droits humains signalées quotidiennement, allant du traitement inhumain et dégradant, à la détention arbitraire, à la confiscation des téléphones et à la privation d’accès aux soins médicaux. Ces pratiques violent les obligations de la Tunisie en matière de droits de l’homme et de protection des migrants, ainsi que les normes internationales en la matière.
Il convient de rappeler que lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale le 21 février 2023, le président tunisien a accusé les migrants subsahariens de vouloir « modifier la composition démographique de la Tunisie », et a appelé à la fin rapide de cette immigration. Ces propos ont été condamnés par le l’ONU, l’OUA et la société civile tunisienne et internationale, comme étant inacceptables et racistes. Le président tunisien, au lieu de s’excuser de ses propos racistes, les a plutôt justifiés le lendemain même. La diplomatie tunisienne a fait de même, au plus grand étonnement de l’opinion internationale.
Le GCDHR appelle le gouvernement tunisien et ses partenaires européens, en particulier la France et l’Italie, à respecter pleinement ses obligations en matière de droits de l’homme et à mettre fin immédiatement aux pratiques discriminatoires à l’encontre des migrants subsahariens à la frontière de l’UE. Il demande également au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, à la Rapporteuse spéciale sur le racisme et l’Union européenne de prendre des mesures urgentes pour enquêter sur les violations des droits de l’homme en Tunisie et pour faire en sorte que les auteurs de ces violations soient tenus responsables.