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A la mémoire du martyre Ridha Bouzayen : Le virage d’un moment historique en crime d’Etat prémédité

Par Dr. Mohamed Mefteh

Après le coup d’état du 25 juillet 2021, la date 14 janvier est devenue désormais un moment favori pour protester contre la dérive autocratique de kais saied. Le martyre Ridha Bouzayen comme tous les militants des droits de l’homme ne ratait aucun appel à manifestation pour célébrer ce moment nostalgique. Pour avorter la célébration de la révolution en ce moment du 14 janvier 2022, l’autorité du coup d’état a manipulé les recommandations du comité scientifique, asservi tous les moyens de répression du ministère de l’intérieur et a abusé de l’autorité du pouvoir local.

De leurs côté, les révolutionnaires étaient intransigeants de célébrer la révolution dans son avenu symbolique, la confrontation était alors inévitable. Le bilan du recours à la force s’est soldé par le décès du martyre Ridha Bouzayen, l’arrestation de 32 manifestants[1], et l’agression d’une vingtaine de journalistes dont les correspondants du journal « Libération », Jeune Afrique magazine, « Hakaekonline » et France Inter et le photographe de « Business news [2]»

Le décès du martyre Ridha Bouzayen, victime du recours excessif à la force, engage la responsabilité du coup d’Etat et constitue un crime prémédité puisque :

  • Il résulte de la transgression au droit de manifestations pacifiques et l’usage excessif et disproportionné de la force. Le silence des institutions de l’Etat sur le sort du martyre depuis le 14 janvier jusqu’au jour de son décès constitue un élément d’épreuve très fort.
  • Le martyre a été fortement exposé au gaz lacrymogène source de sa détresse respiratoire aiguë.
  • Le martyre a été victime d’une crise de panique grave aboutissant à un pic hypertensif.
  • Le pic hypertensif est à l’origine de l’hémorragie intra-cérébrale en raison de l’absence des signes traumatiques, le déficit neurologique brutale et les chiffres tensionnels très élevés aux urgences. La littérature médicale conforte l’enchainement séquentiel suivant :  situation de stress aigue – crise de panique – pic hypertensif – hémorragie intracérébral – déficit neurologique[3].

L’obligation d’un engagement renouvelé, après dix ans de la victoire du peuple tunisien contre la dictature, la commémoration du décès du martyre Ridha Bouzeyen doit rappeler au clan révolutionnaire que la contre révolution est toujours active et que le chemin de la victoire définitive et la réalisation des objectifs de la révolution du 14 janvier reste encore inachevé. En 2023, rendre hommage aux martyres et être loyal à leur voie incombe aux révolutionnaires la responsabilité de : rendre justice aux familles des martyres et être intransigeant face à l’impunité des criminels, dévoiler les illusions qu’un coup d’état puisse être constructif et au service de l’intérêt général et enfin dénoncer et discréditer le discourt populiste stérile et clivant tenu par le chef du coup d’état.


-La relation entre hypertension artérielle et accidents vasculaires cérébraux : une équation modifiable
 Fabienne Contegal. Registre dijonnais des AVC,La Lettre du Cardiologue – n° 381 – janvier 2005

[1]  ديلو: الإفراج عن 16 شخصًا من بين 32 تم إيقافهم خلال “احتجاجات عيد الثورة” https://ultratunisia.ultrasawt.com

[2] https://www.alhurra.com/tunisia/2022/01/16

[3] -HÉMATOMES INTRACRÂNIENS NON TRAUMATIQUES L. Velly*, N. Bruder, L. Pellegrini Service d’Anesthésie Réanimation 1, Pôle Anesthésie-Réanimation Timone, Centre Hospitalier Universitaire de la Timone, Aix-Marseille Université, 264 rue St-Pierre, 13385 Marseille.

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