Par Me Ridha Ajmi
La haine entre les peuples peut avoir de graves conséquences négatives sur les relations entre les communautés et sur la société dans son ensemble. Elle peut conduire à des conflits violents, à la discrimination, à l’exclusion et à la marginalisation de certains groupes de personnes. La haine peut également entraver la coopération entre les nations et les peuples, ce qui affecte le développement économique et la paix. Elle peut également avoir un impact négatif sur les individus, en les rendant, plus pessimistes et plus méfiants envers les autres. Enfin, la haine s’attaque à la compréhension, le dialogue et la coopération entre les peuples et favorise les guerres et les pratiques coloniales et inhumaines.
Parmi les expressions de la haine dans la société, on peut pointer l’augmentation des tensions et la division entre ses différentes communautés, l’augmentation aussi des comportements agressifs, notamment des plus faibles, tels que les femmes, les enfants, les étrangers et les handicapés, ainsi qu’à une perte de confiance et à une détérioration des relations interpersonnelles et familiales. De plus, la haine peut entraver la coopération et le travail en équipe, nécessaires pour résoudre les problèmes communs, ce qui peut finalement nuire au développement économique et social.
En fin de compte, la haine limite les opportunités pour les individus, les communautés et les peuples, de s’épanouir et de réaliser leur plein potentiel. Elle entraîne aussi une polarisation accrue et un manque de tolérance et d’acceptation envers les différences culturelles et religieuses.
L’expression de la haine ne peut et n’est pas considérée comme une liberté d’expression en droit international. La plupart des pays ont des lois qui interdisent l’expression de la haine envers les personnes ou groupes en raison de leur race, leur religion, etc. Cela est considéré comme une incitation à la violence et à la discrimination, qui affecte négativement la société et la communauté internationale dans son ensemble.
Une caricature qui ne passe pas !

En pleines souffrances sans précédent depuis des siècles, avec l’annonce de milliers de victimes, des photos et vidéos qui déchirent les cœurs, en plein deuil international et précipitation à apporter de l’aide au peuple turque victime d’un tremblement de terre considéré parmi les plus fort de l’histoire, le journal français Charlie Hebdo prend le chemin inverse de l’humanité entière, pour publier une caricature qui exprime sa haine vis-à-vis du peuple turque . Même pas besoin d’envoyer les chars !!, (le tremblement de terre a fait le nécessaire en Turquie. Il a détruit leurs villes, massacré leurs enfants, déchiqueté leur femmes et brulé leurs champs. Hourra, quelle victoire sans perdre un seul soldat français.. !
Charli Hebdo se moque des victimes du tremblement de terre en Turquie et selon les autorités françaises, cela fait partie de la liberté d’expression, comme bruler le livre saint des musulmans, fait aussi partie de la liberté d’expression.
On va où avec cette stupidité, cette haine, cette horrible attitude sauvage. Dans quelle direction cette élite française sans âme, ni esprit, ni morale, ni religion, ni principe, ni humanité, elle mène la pauvre France déchirée ?
Une France qui va à l’encontre des normes de décence et de respect pour les personnes qui souffrent et pour leur mémoire. Une France qui perd en toute vitesse de terrain, car elle perd en toute vitesse de normes et de principes, y c les plus élémentaires liés à la qualité première même de l’humain.
Sciemment, la France qui nous demande de se taire car son journal Charlie Hebdo exerce sa liberté d’expression à la française. Accepte de causer de la douleur et de l’offense supplémentaires pour les familles des victimes et la communauté internationale en deuil dans son ensemble. Une insensibilité exceptionnelle irrespectueuse qui reflète une culture en pleine décadence et une civilisation en déclin.
En voyant la caricature, les moins exigeants des juristes ont pensé que les autorités françaises vont demander au journal de publier une déclaration formelle d’excuse en expliquant pourquoi il regrette sa caricature grossière. On a imaginé que Charlie Hebdo va remédier en organisant une campagne de sensibilisation sur l’importance du respect des victimes de catastrophe et sur la nécessité de traiter les événements avec compassion et égard. Les plus humains auraient peut-être l’audace de supposer que ce journal peut faire un don à des organisations de bienfaisance qui aident les victimes de cette catastrophe en Turquie et en Syrie, montrant ainsi son engagement en faveur de la solidarité et de l’empathie. Cela peut être interprété alors comme des excuses sincères et non motivées par des considérations commerciales ou politiques. Il s’est avéré que la France ne fait pas partie de ce monde et que sa décadence est irréversible.
Quel sens donc pour Charlie Hebdo de leur rappeler que sa benêt caricature enfreint les lois sur la diffamation, la liberté de la presse ou les droits de l’homme ? Quelle utilité de rappeler à la France de la nécessité d’agir pour corriger la situation, d’enquêter et d’engager des poursuites judiciaires pour remédier à ce crime de haine, en respect à ses devoirs de s’assurer que la dignité et les droits des victimes sont protégés, et que les actes de moquerie ou d’insulte envers elles ne sont pas tolérés. ?