Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits humains a appris que l’avocat et opposant tunisien Noureddine Bhiri a été violemment agressé, depuis son arrestation par la police tunisienne : un gonflement au visage et des traces apparentes de violence, ses habits ont aussi été déchirés.
Le détenu Abdelhamid Jelassi a été quant à lui questionné sur la rencontre d’une délégation de personnalités turques à l’ambassade turque à Tunis. Monsieur Khayam Turki a été aussi interrogé sur ses rencontres avec des responsables et diplomates étrangers.
De ce fait, le Centre souligne la nature politique de ces arrestations, ce qui inquiète sur cette nouvelle étape franchie par la l’Etat tunisien, et sa politique de violation des droits et libertés des citoyens, garantis par les normes constitutionnelles internes et les conventions régionales et internationales applicables.
En outre, l’arrestation des juges et avocats confirme les craintes relatives à la volonté des autorités tunisiennes à soumettre le pouvoir judiciaire à une pression à même de l’anéantir et de l’empêcher de remplir pleinement sa mission de rendre justice, dans le respect des procédures et des droits.
Le Centre, qui salue pleinement la position du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme qui a dénoncé ce mardi « l’aggravation de la répression » en Tunisie après cette nouvelle vague d’arrestations des journalistes, militants et opposants tunisiens, annonce qu’il a informé de ces nouvelles inquiétantes, par la Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, Madame Margaret SATTERTHWAITE.
Le Centre demeure aussi très attentif aux cas annoncés et fera le nécessaire pour documenter les violations et saisir, si besoin, le Comité Contre la Torture à Genève, pour combattre l’impunité.