Communiqué de Presse

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La CADH accepte la plainte du détenu Bhiri contre l’Etat tunisien

Le Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains CGDDh a appris que la Commission africaine des droits de l’homme a accepté la plainte de Me Noureddine Bhiri contre l’Etat tunisien pour violation de ses droits, notamment son droit à la justice, suite à son enlèvement par les forces de l’ordre fin 2021 début 2022. Me Ridha Ajmi, avocat tuniso-suisse et président du Centre CGDDh, a déclaré que le cas est aussi instruit par la rapporteuse spéciale pour les juges et les avocats, Madame Margaret Satterhwaite. Il a ajouté que cette nouvelle est très importante et prouve que les instances africaines traitent avec beaucoup de sérieux du cas tunisien. “Nous réitérons notre appel à la libération immédiate de Me Noureddine Bhiri et de tous les prisonniers politiques en Tunisie, détenus pour leur opposition au coup d’Etat perpétré le 25 juillet 2023. Nous continuerons de suivre attentivement cette affaire et de mettre à jour les médias sur les développements futurs.”, a indiqué Monsieur Ajmi.

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Le détenu Mohamed Ben Salem est en danger

Le prisonnier politique tunisien Mohammed Ben Salem, arrêté le 3 mars 2023 près de Médenine pour l’accusation de tenter de franchir illégalement la frontière, est actuellement en danger de mort en détention. En tant qu’opposant et ancien réfugié politique en France, M. Ben Salem faisait l’objet d’une interdiction de quitter la Tunisie depuis septembre 2022, ce qui l’a séparé de sa famille en France et l’a privé de ses soins médicaux réguliers pour le diabète, l’hypertension artérielle et ses problèmes cardiaques. Victime de deux crises cardiaques successives lors de son arrestation, il a été interrogé par le juge d’instruction tunisien pendant cinq heures alors qu’il se trouvait en salle de soins intensifs, ce qui constitue une violation flagrante de la Convention contre la Torture signée par la Tunisie. Malgré son état de santé précaire, M. Ben Salem a été extrait de la salle de réveil le 8 mars et emprisonné. Depuis lors, son état de santé s’est dangereusement et constamment détérioré, ce qui a suscité une vive inquiétude chez sa famille. Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, réitère sa condamnation ferme des pressions exercées sur les juges en Tunisie ainsi que les mesures d’interdiction de voyager, qui sont devenues courantes pour harceler l’opposition tunisienne, les hommes d’affaires et les anciens cadres de l’Etat. Le Centre appelle les autorités tunisiennes à libérer immédiatement Mohammed Ben Salem, à lever son interdiction de voyager et à mettre fin aux campagnes de diffamation à l’encontre de sa famille. Il enjoint également la société civile tunisienne et les organisations internationales à intervenir d’urgence pour protéger les droits humains et la vie de M. Ben Salem.

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La situation des juges et des avocats arrêtés en Tunisie au cœur d’une rencontre entre le président du CGDDH et la rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats

Le Président du Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains (CGDDh), Me Ridha Ajmi, a rencontré aujourd’hui la Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, Madame Margaret Satterthwaite, pour discuter de la situation de plus en plus inquiétante des magistrats et des avocats en Tunisie. Lors de cette rencontre, Me Ajmi a mis en avant la vague d’arrestations des opposants politiques qui s’est accentuée en février 2023, et qui a entraîné l’emprisonnement de nombreux avocats et magistrats en Tunisie. Le président du CGDDh a également abordé et complété les dossiers du magistrat Bachir Akermi, qui a été victime d’un internement forcée dans un hôpital psychiatrique dans la tentative de le faire taire, et de l’avocat Noureddine Bhiri, hospitalisé et menant une grève de faim depuis son arrestation, qui a été agressé au point de lui casser l’épaule de sa main gauche par la police tunisienne. D’autres dossiers ont été également abordés, comme celui du processus de harcèlement ciblé et continu du président du parlement tunisien dissout Rachid Ghannouchi et les plaintes en cours d’instruction par devant les instances onusiennes et africaines pris en charge par le CGDDh. De sa part, Madame Margaret Satterthwaite a confirmé son observation attentive de la situation en Tunisie et nous avons pu lui fournir des nouvelles informations sur les cas de M. Akermi et de M. Bhiri. Me Ajmi a exprimé clairement à la Rapporteuse spéciale que le CGDDh, actif au sein de la société civile internationale, condamne fermement le harcèlement et les violences à l’encontre des magistrats et des avocats en Tunisie, ainsi que la récente vague d’arrestations des opposants politiques. Le Centre s’allie aux autres organisations préoccupées par la péjoration de l’état des défenseurs des droits de l’homme et magistrats, pour appeler les autorités tunisiennes à respecter les droits humains et à garantir l’indépendance de la justice et des avocats.Le Centre reste ainsi très vigilant sur cette situation préoccupante en Tunisie et continue à suivre de près les développements en pleine collaboration avec les instances internationales compétentes.

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Réponse du CGDDH aux déclarations racistes et haineuses envers les Africains subsahariens du président tunisien

Le Centre de Genève pour la Démocratie et les droits humains (GCDHR), une organisation basée à Genève qui promeut la démocratie et le respect des droits de l’homme, exprime sa profonde préoccupation face aux déclarations racistes et haineuses du président tunisien, Kaïs Saïd, envers les migrants d’Afrique subsaharienne. Le GCDHR informe l’opinion publique internationale qu’il a déposé trois dénonciations/plaintes auprès du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, Madame Ashwini K.P., Rapporteuse spéciale aux Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. Elle a également informé le Secrétariat général de l’Union européenne, sur la base de l’article 2 l’Accord d’Association entre la Tunisie et l’UE qui fait du respect des droits humains un cadre impératif aux parties, sollicitant aussi l’examen des conditions des accords bilatéraux de la Tunisie et les membres de l’Union dans l’exécution de l’externalisation des frontières européennes, à l’origine de l’augmentation du nombre des immigrés en Tunisie dans des conditions inhumaines et inacceptables. Dans les trois plaintes déposées, le GCDHR a souligné qu’il est préoccupé par les vagues d’arrestations massives et d’agressions arbitraires visant les migrants subsahariens en Tunisie, ainsi que par les violations des droits humains signalées quotidiennement, allant du traitement inhumain et dégradant, à la détention arbitraire, à la confiscation des téléphones et à la privation d’accès aux soins médicaux. Ces pratiques violent les obligations de la Tunisie en matière de droits de l’homme et de protection des migrants, ainsi que les normes internationales en la matière. Il convient de rappeler que lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale le 21 février 2023, le président tunisien a accusé les migrants subsahariens de vouloir « modifier la composition démographique de la Tunisie », et a appelé à la fin rapide de cette immigration. Ces propos ont été condamnés par le l’ONU, l’OUA et la société civile tunisienne et internationale, comme étant inacceptables et racistes. Le président tunisien, au lieu de s’excuser de ses propos racistes, les a plutôt justifiés le lendemain même. La diplomatie tunisienne a fait de même, au plus grand étonnement de l’opinion internationale. Le GCDHR appelle le gouvernement tunisien et ses partenaires européens, en particulier la France et l’Italie, à respecter pleinement ses obligations en matière de droits de l’homme et à mettre fin immédiatement aux pratiques discriminatoires à l’encontre des migrants subsahariens à la frontière de l’UE. Il demande également au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, à la Rapporteuse spéciale sur le racisme et l’Union européenne de prendre des mesures urgentes pour enquêter sur les violations des droits de l’homme en Tunisie et pour faire en sorte que les auteurs de ces violations soient tenus responsables.

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Des ONG appellent à agir contre l’islamophobie en Europe : le Centre de Genève pour la Démocratie et les droits humains prend la parole

Le Centre de Genève pour la Démocratie et les droits humains, accompagné de 38 autres ONGs de différents pays dans le monde, a adressé une lettre urgente au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour exprimer sa profonde préoccupation quant aux actes odieux de brûlure du Coran dans certains pays européens, tels que la Suède, le Danemark et les Pays-Bas. “Nous soulignons l’importance de la protection des droits de l’homme en Europe et appelons à renforcer la culture de la tolérance, de la coexistence et du respect de la diversité culturelle et religieuse. Nous sommes profondément préoccupés par la propagation d’idéologies radicales et discriminatoires qui mettent en danger la sécurité et la paix sociale. Nous appelons l’ONU à prendre des mesures concrètes et urgentes pour lutter contre l’islamophobie rampante en Europe, qui menace gravement les droits des minorités musulmanes et peut conduire à de graves violations des droits de l’homme. Nous demandons également au Secrétaire général des Nations unies de condamner avec clarté de tels actes racistes et de sensibiliser le public aux dangers de l’islamophobie pour le respect des droits de l’homme.Pour plus d’informations, veuillez consulter le document adressé aux Nations Unies. Nous encourageons tout un chacun à soutenir notre cause et à prendre des mesures pour lutter contre l’islamophobie en Europe.”

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Le CGDDH dénonce la vague de répression continue en Tunisie

Le Centre de Genève a appris que la police tunisienne a arrêté mercredi 22 février 2023 Issam Chebbi, secrétaire général du Parti Républicain الحزب الجمهوري التونسي, la militante Chaïma Issa, membre du Front de Salut tunisien جبهة الخلاص, une coalition de groupes d’opposition la plus large et représentative de l’opposition tunisienne. En outre, les forces de police ont encerclé le domicile du Professeur Jawher Ben M’barek qui est aussi leader au sein du Front de Salut, dans le but de l’arrêter. Ces militants sont connus par leur opposition au coup d’Etat perpétré en Tunisie le 25 juillet 2021 par le président tunisien en fonction. Les politiciens détenus sont accusés de « conspiration contre la sécurité de l’État », selon les avocats proches du dossier. Le Centre de Genève a aussi appris de sources fiables que le domicile du militant Issam Chebbi a été perquisitionné. Le président tunisien décrit ses leaders politiques et opposants comme des criminels et des traîtres voulant nuire à la sécurité de l’État. Il a qualifié, le jour même de leur arrestation, ceux qui les soutiennent comme des associés à leurs « crimes », en qualifiant le Front de salut national représentant la majeure partie de l’opposition tunisienne et qui formait auparavant la majorité au parlement dissous illégalement par le président, d’organisation criminelle “payée” dont “la Tunisie veut se débarrasser”, un discours discriminatoire très inquiétant qui se répète depuis le 25 juillet 2023 et apporte désormais ses fruits depuis le début de l’année 2023. Il convient aussi de rappeler que depuis le coup d’Etat annonçant l’arrêt du processus démocratique le 25 juillet 2021, le président tunisien s’est octroyé la totalité des pouvoirs, exécutifs, législatifs et judiciaires. Il dirige le pays par décrets-lois non sujets aux recours et mis en place une nouvelle Constitution très largement contestée qui a fait aussi l’objet d’un fort taux d’abstention. Le centre rappelle que ces arrestations de nature politique s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle vague de répression de l’opposition lancée depuis les résultats chaotiques des législatives organisées par le président tunisien fin janvier 2023, qui ont abouti à un taux de participation historiquement bas (environ 11 %), dévoilant ainsi le mécontentement du peuple tunisien du processus non démocratique engagé depuis le coup d’Etat. Plusieurs autres leaders politiques, hommes d’affaires, journalistes et magistrats ont été arrêtés auparavant. Les Nations Unis, ainsi que l’Union européenne, ont dénoncé vivement ces mesures et ont appelé au respect de la loi et des libertés des Tunisiens. Cela étant, le Centre appelle la communauté internationale et l’Organisation de l’Union Africaine à dénoncer vivement et fermement ce dérapage dangereux qui marque une nouvelle étape de la dérive du pouvoir tunisien en place. Contrairement à ses déclarations précédentes, le président tunisiens a démontré qu’il n’accorde aucun crédit aux libertés fondamentales et droits des tunisiens, en violation des engagements internationaux du pays et les règles fondamentales du droit constitutionnel tunisien. Le Centre s’inquiète aussi énormément du peu de rigueur que les gouvernements européens ont manifesté face à cette dangereuse dérive, qui ne peut qu’alimenter le désordre de l’autre rive du Méditerrané et multiplier le nombre des Tunisiens qui fuient la répression et la crise sociale et économique du essentiellement à la corruption des autorités en place et son penchant vers la dictature. D’un autre côté, le Centre dénonce la position coloniale des autorités françaises, qui continuent de soutenir les coups d’Etat dans ses anciennes colonies, comme la Tunisie, dans le but de perpétuer sa mainmise et son exploitation des richesses dans des conditions défavorables aux peuples, occasionnant délibérément la pauvreté et le désordre et provoquant les vagues de migration massive vers la rive européenne du la Méditerranée. Enfin, le Centre de Genève appelle les bailleurs de fonds et les pays donateurs de bien saisir la différence entre l’aide à apporter au peuple tunisien qui souffre d’une crise économique et sociale sans précédent, et le soutien à un régime totalitaire soutenu par la France qui puise sa seule légitimité dans des mesures policières.  

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Tunisie : Le CGDDH condamne fermement l’arrestation des journalistes tunisiens

Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits humains a appris que la police tunisienne a procédé aujourd’hui 23 février 2023 à l’arrestation de l’équipe de journalistes du site d’information https://onetn.net.La police tunisienne a séquestré les ordinateurs et les portables des journalistes arrêtés, puis conduits vers une destination inconnue. Informations reçues de la part de la famille d’un des journalistes détenu, un avocat a pu les voir mais sans pouvoir obtenir d’informations complémentaires quant à la raison des arrestations.Le GCDHR rappelle les autorités tunisiennes que la liberté d’expression est un droit humain fondamental garanti par la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que par d’autres documents internationaux, à l’instar de la Déclaration de Principes sur la Liberté d’Expression en Afrique du 23 octobre 2002. Le Centre rappelle aussi que la promotion de la libre circulation des informations et des idées et un plus grand respect de la liberté d’expression, qui réaffirme l’importance cruciale de la liberté d’expression en tant que droit humain individuel, pierre angulaire de la démocratie et aussi en tant que moyen pour garantir le respect de tous les droits humains et libertés fondamentales de l’homme. Le Centre, convaincu que le respect de la liberté d’expression et du droit d’accès à l’information détenue par les organes et sociétés publics mène à une plus grande transparence et responsabilité publiques, ainsi qu’à la bonne gouvernance et au renforcement de la démocratie, précise que les lois et pratiques qui répriment la liberté desservent la société ne peuvent justifier la violation des droits humains. Il appelle les autorités à respecter l’intégrité physique des journalistes arrêtés et à garantir leur droit à un procès équitable. Enfin, le Centre requiert du Syndicat tunisien des journalistes à agir pour s’opposer à cette vague de répression de la liberté de presse en Tunisie et à offrir aux journalistes arrêtés l’assistance juridique nécessaire.

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Aveux de l’exécutif tunisien : Oui à l’ingérence dans le pouvoir judiciaire

Dr. Mohamed Mefteh Après le résultat effrayant des pseudo-élections législatives du 17 décembre 2022/ 29 janvier 2023, l’intention du président tunisien de subordonner les juges à sa volonté est devenue une obsession qui ne fait que s’aggraver. Il doit pouvoir en finir avec ses opposants qu’il qualifie sans hésitation de « traitres » « criminels » « terroristes » « mafieux » « corrompus » « cellules cancéreuses » et les mettre en prison avant la date d’inauguration de son nouveau parlement manifestement illégale et non légitime. Pour cela, il faut des juges à sa disposition, qui exécutent…. Voilà que trois décisions consécutives qui se succèdent depuis vingt jours, qui démontrent que les autorités du coup d’Etat ont passé de la phase de déni  à celle d’aveu clair d’ingérence au pouvoir judiciaire : – Le 23 janvier 2023, la Ministre de la justice Leila Jeffel a limogé le directeur général de l’Office des logements des Magistrats et du personnel du Ministère de la Justice, avec l’ouverture d’une enquête sur la manière d’attribution des logements aux magistrats. L. Jeffel a présenté cette décision comme une action de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. La réalité étant que le risque de corruption dans l’octroi des logements aux juges par le biais de vente ou de location est inexistant. D’abord le DG de l’Office n’a aucun pouvoir discrétionnaire dans la gestion de ce dossier. Ensuite, l’attribution des logements se fait selon un manuel procédural précis et sur la base d’une décision collégiale, en Commission multipartite, et après approbation du Ministère du tutelle. Enfin, les trois conditions pour candidater à l’octroi du logement sont publiées, objectives, simples, accessibles à toutes et tous et facilement vérifiables. En réalité, la décision de limogeage du DG et l’ouverture de l’enquête n’est qu’un  prétexte pour accentuer la pression sur les juges, en recourant cette fois à la menace de confisquer leurs habitations acquises depuis longtemps, ou de les priver du droit de bénéficier d’un loyer commode et moins couteux dans le futur. Le recours à ce moyen de harcèlement est particulièrement dissuasif et efficace pendant cette période de crise économique, puisqu’il qui touche la majorité des juges et se rapporte à un besoin vital. – Le 06 février 2023, le Ministère de la Justice a annoncé la création d’une « Commission spéciale  CS» chargée du suivi du dossier des assassinats politiques en Tunisie. Le rôle annoncé de cette commission serait de veiller à un meilleur « suivi » de l’évolution de l’enquête relative à l’assassinat de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, ainsi que la bonne gestion de l’archivage des documents y afférents. Or cette commission ne peut qu’alourdir les procédures et aggraver la bureaucratie. Plutôt, la bonne gouvernance nécessite le renforcement du tribunal chargé par ces affaires en termes de ressources logistiques et humaines, dans le respect des procédures.  Or cette nouvelle structure ne servira que d’instrument de pression sur les magistrats chargés de l’affaire, pour diriger les instructions dans le sens politique favorable au coup d’Etat. En effet : Par ces décisions aussi bien réactionnaires qu’hystériques, le président tunisien n’empiète pas uniquement sur le droit des justiciables à un procès juste et équitable, il va au point de nier les concepts de base de droits de l’homme, en bafouant le droit de toute personne à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent, indépendant, impartial et créé par la loi. Il ignore aussi complètement d’une manière insolente la présomption d’innocence, lui l’homme de droit retraité qu’il était. Cela dit, il parait que ce cursus amènera au souhait présidentiel annoncé à étendre la « chimiothérapie anticancéreuse » , non seulement pour éradiquer ses opposants / cancérigènes, mais aussi à anéantir le concept de « service public de la justice » réfractaire aux tentatives « d’épuration » au profil d’un nouveau « service publique de la justice policière ». [1] www.facebook.com/watch/?v=609398257754747  

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À propos l’arrestation du Magistrat et ancien procureur de la République Bachir Akremi

Dans le cadre de son suivi de la détérioration importante et accélérée des droits de l’homme en Tunisie, en particulier le droit à un procès équitable devant une justice indépendante et une cour de justice avec la garantie du droit à la défense, et face de ce qui a caractérisé les récentes arrestations par Qais Saeed de violations de la loi, d’intimidations et d’atteintes à l’intégrité physique, le Centre Genève pour la démocratie et les droits de l’homme s’adresse à l’opinion publique tunisienne et internationale et à toutes les organisations nationales et internationales concernées par les libertés et les droits de l’homme : 1 -Confirme que l’arrestation et l’abus du juge Al-Bashir Al-Akrami, une personnalité judiciaire jouissant d’une grande crédibilité internationale, font partie d’une série de mesures auxquelles le président Saeed a eu recours pour soumettre le pouvoir judiciaire à son autorité. une campagne de diffamation féroce et immorale qui comprenait l’isolement et l’abus des juges qui ont exprimé leur adhésion à leur indépendance. 2- Condamne la délinquance de l’autorité exécutive tunisienne à commettre le crime de torture et de traitements inhumains et dégradants contre le juge Al-Bashir Al-Akrami à travers la décision de lui fournir un refuge obligatoire à l’hôpital Al-Razi pour maladie mentale, à la lumière de fortes suspicions de non-respect des conditions médico-légales pour cela. En outre, l’empêchement injustifié de l’Autorité nationale de prévention de la torture, ainsi que de son épouse, de lui rendre visite alimente de forts soupçons que cette mesure s’inscrit dans le cadre du harcèlement du juge Al-Bashir Al-Akrami et du non-respect de l’application des décisions judiciaires antérieures ordonnant sa mise en liberté et l’acquittement des soupçons qui lui sont imputés, dans l’attente de la fabrication d’un dossier d’inculpation. En outre, les rumeurs sur la possibilité de son suicide via des sites Web suspects rappellent des scénarios noirs qui pourraient constituer un crime d’État si quelque chose de mal arrivait au juge Al-Akrami concernant sa santé, son ingéniosité ou son équilibre psychologique et mental. C’est ce qu’il faut vivement constater et mettre en garde, afin de préserver la santé, la vie et la liberté de ce citoyen. 3- Le Centre demande à l’Autorité de Défense du Juge Al-Bashir Al-Akrami et de sa famille d’exiger de la justice qu’elle soumette leur représentant à un examen médical impartial pour évaluer la validité médicale de la décision de mise à l’abri obligatoire et l’invite à s’y opposer par écrit à la décision de détention obligatoire et aux décisions d’empêcher les visites qui l’ont affecté sans motif et en violation flagrante de la loi, avec la publication d’objections à l’opinion publique interne et internationale. Elle demande également à l’Autorité nationale de prévention de la torture, en vertu de ses attributions, d’intervenir immédiatement sans délai pour contester la validité de la décision de mise à l’abri obligatoire et de demander un avis conjoint sur l’objet du Comité national de déontologie médicale, le Décanat national des médecins et l’Autorité de spécialisation en psychiatrie. Le Centre note que tout manquement de la commission la tiendrait, ainsi que ses membres, légalement et pénalement responsables de ce qui arrive au juge suspendu. 4- Le Centre condamne la délinquance de l’autorité exécutive à commettre le crime de torture et de traitements inhumains et dégradants à l’encontre du professeur Noureddine Al-Buhairi, car elle a directement porté atteinte à son intégrité physique, ce qui a nécessité qu’il subisse une opération de l’épaule avec anesthésie complète. Il est actuellement maltraité en prison, car il ne trouve rien d’autre pour défendre ses droits que de faire une grève de la faim, malgré les nombreuses maladies chroniques dont il souffre. 5- Condamne fermement toutes les formes de violences physiques et psychologiques dont les accusés et leurs familles ont été victimes lors d’incursions illégales dans leurs domiciles, les arrêtant et les conduisant parfois dans des lieux de détention inconnus. 6- Il dénonce l’ingérence du président tunisien dans le système judiciaire à travers ses discours et ses accusations contre les personnes concernées sans aucune considération pour leurs personnes et leurs familles ni respect de la présomption d’innocence, ainsi que son recours à l’utilisation des médias publics et de la page officielle de la Présidence de la République pour qualifier ses opposants politiques de criminels et de terroristes et appeler à en purger le pays dans le cadre d’une « bataille de libération nationale ». 7- Confirme que les récents interrogatoires et procès – qui visaient tous les groupes d’opposition – sont des procès politiques pour liquider des opposants politiques sans respecter les conditions d’un procès équitable et impartial, et appelle les familles des victimes, les médias libres et toute la société civile organisations concernées par les libertés et les droits de l’homme pour les documenter et dénoncer et traquer les auteurs devant les tribunaux nationaux et internationaux.

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Tunisie : Le CGDDH exprime son inquiétude par rapport à la convocation du président du parti Ennahdha Rached Ghannouchi, par les autorités tunisiennes

Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, a appris que le président du parti politique Ennahdha et président du parlement tunisien, Rached Ghannouchi, a été convoqué, aujourd’hui le mardi 21 février 2023, pour la septième fois depuis mars 2022, devant le juge d’instruction de l’unité antiterroriste du tribunal de Tunis. Cette convocation intervient quelques jours après l’arrestation d’un certain nombre d’autres dirigeants politiques et militants de tous bords politiques, ainsi que de journalistes et de militants syndicaux. Le timing de cette convocation suscite des craintes quant à une éventuelle arrestation de M. Ghannouchi. Cette vague récente d’arrestations fait suite à l’échec du président Said à mobiliser les tunisiens pour participer aux élections qu’il a organisées fin janvier 2023. Seulement 11 % des électeurs ont participé aux élections, un niveau historiquement bas, par suite des appels au boycott de l’opposition. Avec ces arrestations, le président Said veut reprendre l’initiative et briser l’élan de son opposition. L’arrestation de M. Ghannouchi serait une étape supplémentaire et dangereuse vers une tension politique et une instabilité accrues en Tunisie. La convocation actuelle est basée sur une accusation selon laquelle M. Ghannouchi aurait eu une conversation avec la direction du groupe terroriste interdit Ansar-Al-sharia. Le dossier actuel repose sur une déclaration d’un membre des forces de police affirmant qu’il avait un enregistrement de cette conversation. Cette personne prétend avoir remis cet enregistrement à ses supérieurs hiérarchiques sans en conserver une copie, mais ces derniers auraient ensuite détruit l’enregistrement pour protéger M. Ghannouchi. Les supérieurs hiérarchiques de ce policier ont rejeté les accusations et nié avoir reçu cet enregistrement de lui. Au lieu de rejeter les accusations en raison de l’absence de toute preuve à l’appui, le ministre de la justice a ordonné à la poursuite d’ouvrir un nouveau dossier et de convoquer M. Ghannouchi pour l’interroger. Il y a une forte probabilité que le Magistrat, par crainte d’être limogé par les autorités exécutives, puisse recourir à la détention de M. Ghannouchi jusqu’à la fin de l’enquête, qui peut durer de quelques jours à quelques mois. M. Ghannouchi et son parti Ennahdha ont fait l’objet d’une campagne de ciblage systématique visant à légitimer le coup d’État du président Said et à détourner l’attention publique de la crise économique rampante et des attaques continues contre la démocratie en Tunisie par le président Said et ses partisans. En fin de compte, le président Said tente d’éradiquer les partis politiques et leurs dirigeants en utilisant des dossiers fabriqués et en instrumentalisant le pouvoir judiciaire, en particulier contre Ennahdha et son leadership. Le Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains exprime son inquiétude face à la convocation pour la septième fois du président du parti politique Ennahdha et président du parlement tunisien, Rached Ghannouchi, devant le juge d’instruction de l’unité antiterroriste du tribunal de Tunis. Le Centre souligne que cette convocation est basée sur des accusations non étayées selon lesquelles M. Ghannouchi aurait eu une conversation avec la direction du groupe terroriste interdit Ansar-Al-sharia. Les preuves présentées semblent être fragiles et le Centre de Genève déplore que des poursuites soient lancées contre M. Ghannouchi pour des chefs d’accusation passibles de peines de prison sans preuves crédibles en fait et en droit. Le Centre de Genève souligne que ces poursuites constituent un harcèlement et une intimidation à l’encontre de Monsieur Ghannouchi et menacent la démocratie en Tunisie et les acquis en matière de droits humains, notamment le droit à la liberté d’expression. Le Centre de Genève exhorte les autorités tunisiennes à protéger la liberté d’expression des citoyens en abandonnant leur politique d’harcèlement et d’intimidation contre les dirigeants politiques, les militants et les journalistes. Il appelle également à une enquête approfondie, impartiale et transparente sur les allégations portées contre M. Ghannouchi, garantissant ses droits à un procès équitable et à la présomption d’innocence. Enfin, le Centre de Genève appelle la communauté internationale à suivre de près la situation en Tunisie et à soutenir les efforts visant à préserver les avancées démocratiques et les droits humains dans le pays.

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