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Nouvelles

Communiqué de Presse : Le parlement tunisien entre légitimité et crédibilité : quel parlement ? quel avenir?

Le Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains (CGDDH) a déposé aujourd’hui un rapport complémentaire à l’Union interparlementaire (UIP) à Genève exprimant sa préoccupation face au harcèlement systématique dont les députés tunisiens sont victimes de la part des autorités tunisiennes. Le CGDDH regrette que l’UIP n’ait pas pris de position suffisamment claire contre ces actions et n’ait pas rappelé les valeurs communes de l’Union. Le CGDDH craint également que la reconnaissance du nouveau parlement tunisien formé sur des bases inconstitutionnelles, puisse nuire à la réputation et à la nature de l’UIP. Le rapport du CGDDH décrit les violations graves et continues commises à l’encontre de l’Assemblée des représentants du peuple et les députés tunisiens depuis le 25 juillet 2021, telles que la suspension des travaux du parlement, la levée de l’immunité parlementaire, la privation du droit constitutionnel aux salaires parlementaires, ainsi que l’usurpation des pouvoirs de toutes les branches du gouvernement. Le CGDDH demande le soutien de l’UIP afin de renforcer la stabilité et la sécurité de la Tunisie ainsi que de toute la région maghrébine. Le rapport décrit les pressions exercées sur les parlementaires tunisiens, en particulier sur le président de l’Assemblée des représentants du peuple Rached Ghannouchi et la vice-présidente Samira Chaouachi. Le président Ghannouchi a été convoqué neuf fois devant un juge d’instruction pour de fausses accusations, ce qui représente une persécution continue des représentants élus et des institutions démocratiques. Le rapport dénonce une vague d’arrestations et de détentions illégales de députés et d’opposants en Tunisie depuis février 2023. Ces arrestations ont été effectuées sur la base de lois antiterroristes ainsi que de fausses accusations de corruption et ont par conséquent suscité la vive préoccupation de la communauté internationale. Les États-Unis et le Parlement européen ont également exprimé leur inquiétude à ce sujet. Le rapport mentionne les cas d’arrestations et de condamnations de députés en Tunisie par des tribunaux militaires pour des motifs tels qu’ « atteinte au moral de l’armée » ainsi qu’à « l’image du chef de l’Etat ». Les députés ont également été interdits de voyager, ont été victimes de harcèlement et ont vu le renouvellement de leurs cartes d’identité ou passeports retardé. Le CGDDH demande à l’UIP de soutenir ses efforts pour renforcer et assurer la stabilité ainsi que la sécurité en Tunisie et de reconnaître le Parlement tunisien élu en 2019 comme seul et unique représentant du peuple tunisien. Le CGDDH espère que l’UIP prendra position clairement contre les actions des autorités tunisiennes et rappellera les valeurs communes de l’Union pour protéger les droits démocratiques et humains dans le monde entier. Contact presse: Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains (CGDDH) + 4179 246 57 03

Spécial Palestine

Le CGDDH condamne fermement les agressions à Al Aqsa

Les forces d’occupation israéliennes ont intensifié leurs violations du droit international contre les palestiniens, la dernière en date étant les attaques brutales contre des fidèles de la mosquée Al-Aqsa pendant le mois sacré du Ramadan, en recourant à une force excessive qui a fait des dizaines de blessés et l’arrestation de centaines de personnes alors qu’elles se trouvaient à l’intérieur du lieu de culte. Le Centre de Genève pour la démocratie et les droits de l’homme indique que les actions du gouvernement israélien actuel, considéré comme le plus extrémiste de l’histoire d’Israël, s’inscrivent dans la continuité de la politique des gouvernements israéliens successifs, en particulier au cours de la dernière décennie, qui visait à modifier le statu quo dans la ville de Jérusalem, en particulier la mosquée Al-Aqsa, en violation du droit international et des résolutions pertinentes, y compris la résolution n° 2334/2016 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a affirmé dans son intégralité l’invalidité de toutes les mesures législatives et administratives et les mesures prises par les autorités d’occupation afin de changer le statut de Jérusalem. Nous, les membres du Centre de Genève pour la démocratie, exprimons notre inquiétude devant la faiblesse des positions internationales face à l’escalade menée par le gouvernement israélien actuel, qui a étendu ses violations flagrantes du droit international contre les palestiniens en intensifiant les opérations de colonisation, les exécutions extrajudiciaires, le harcèlement des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, l’incitation à exterminer et incendier des villages palestiniens, comme l’a fait l’actuel ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et enfin les démarches visant à changer le statu quo à la mosquée Al-Aqsa par la force et à imposer une politique du fait accompli. Nous exprimons également nos profondes craintes quant aux répercussions possibles de la faiblesse de la position internationale, en particulier la position des gouvernements de l’Union Européenne, face à l’escalade israélienne systématique et brutale contre les palestiniens, qui cherche à reproduire une nouvelle tragédie pour les palestiniens semblable à la Nakba de 1948 et la Naksa de 1967. Nous exprimons également nos préoccupations quant aux répercussions possibles de la poursuite des violations. Nous tenons le gouvernement israélien entièrement et directement responsable de toute escalade de la violence dans la région à la suite de la poursuite de sa politique agressive contre les palestiniens. Compte tenu de la poursuite des violations commises par Israël contre les palestiniens, notamment l’assaut de la police israélienne armée contre la mosquée Al-Aqsa, la torture et les passages à tabac infligés à des fidèles non armés, des femmes, des enfants, des hommes et des personnes âgées, en particulier pendant l’accomplissement de la prière, et l’attaque contre la liberté de culte des fidèles de la mosquée Al-Aqsa, nous :Nous affirmons que, selon les résolutions pertinentes de la communauté internationale, la mosquée Al-Aqsa est réservée aux musulmans et que violer son caractère sacré représente une agression contre le caractère sacré des sites musulmans et fait fi de leurs sentiments.Nous renouvelons notre condamnation, dans les termes les plus fermes, de la poursuite de l’agression brutale contre les palestiniens, en particulier dans la ville de Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa, qui s’inscrit dans le prolongement de la politique de changement du statu quo dans la ville sainte en violation du droit international.Nous exprimons notre entière solidarité avec le peuple de Jérusalem qui est la cible de l’agression des forces d’occupation et des colons israéliens extrémistes armés.Nous tenons à rappeler les devoirs qui incombent aux gouvernements de l’Union européenne en tant que hautes parties aux Conventions de Genève et qui consistent à utiliser toutes les mesures diplomatiques et économiques disponibles pour faire pression sur Israël afin qu’elle cesse son agression contre Jérusalem et se conforme au droit international. Nous soulignons la nécessité pour la communauté internationale d’intensifier ses efforts pour rendre justice aux palestiniens et déterminer les responsabilités du gouvernement israélien pour les violations du droit international à Jérusalem, notamment par le biais de la Cour pénale internationale.Nous exhortons nos partenaires de la société civile européenne et internationale à faire pressions pour exprimer une plus grande solidarité avec le peuple palestinien et à imposer des mesures punitives aux autorités d’occupation israéliennes, y compris des actions de boycott, des sanctions et des mesures de désinvestissement. Nous exhortons les médias européens et les influenceurs des médias sociaux, les personnalités publiques, les écrivains, et les défenseurs des droits de l’homme et des valeurs humaines à faire leur devoir en soutenant le peuple palestinien et en défendant le droit et la justice en Palestine.

Communiqué de Presse

La CADH accepte la plainte du détenu Bhiri contre l’Etat tunisien

Le Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains CGDDh a appris que la Commission africaine des droits de l’homme a accepté la plainte de Me Noureddine Bhiri contre l’Etat tunisien pour violation de ses droits, notamment son droit à la justice, suite à son enlèvement par les forces de l’ordre fin 2021 début 2022. Me Ridha Ajmi, avocat tuniso-suisse et président du Centre CGDDh, a déclaré que le cas est aussi instruit par la rapporteuse spéciale pour les juges et les avocats, Madame Margaret Satterhwaite. Il a ajouté que cette nouvelle est très importante et prouve que les instances africaines traitent avec beaucoup de sérieux du cas tunisien. “Nous réitérons notre appel à la libération immédiate de Me Noureddine Bhiri et de tous les prisonniers politiques en Tunisie, détenus pour leur opposition au coup d’Etat perpétré le 25 juillet 2023. Nous continuerons de suivre attentivement cette affaire et de mettre à jour les médias sur les développements futurs.”, a indiqué Monsieur Ajmi.

Communiqué de Presse

Le détenu Mohamed Ben Salem est en danger

Le prisonnier politique tunisien Mohammed Ben Salem, arrêté le 3 mars 2023 près de Médenine pour l’accusation de tenter de franchir illégalement la frontière, est actuellement en danger de mort en détention. En tant qu’opposant et ancien réfugié politique en France, M. Ben Salem faisait l’objet d’une interdiction de quitter la Tunisie depuis septembre 2022, ce qui l’a séparé de sa famille en France et l’a privé de ses soins médicaux réguliers pour le diabète, l’hypertension artérielle et ses problèmes cardiaques. Victime de deux crises cardiaques successives lors de son arrestation, il a été interrogé par le juge d’instruction tunisien pendant cinq heures alors qu’il se trouvait en salle de soins intensifs, ce qui constitue une violation flagrante de la Convention contre la Torture signée par la Tunisie. Malgré son état de santé précaire, M. Ben Salem a été extrait de la salle de réveil le 8 mars et emprisonné. Depuis lors, son état de santé s’est dangereusement et constamment détérioré, ce qui a suscité une vive inquiétude chez sa famille. Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, réitère sa condamnation ferme des pressions exercées sur les juges en Tunisie ainsi que les mesures d’interdiction de voyager, qui sont devenues courantes pour harceler l’opposition tunisienne, les hommes d’affaires et les anciens cadres de l’Etat. Le Centre appelle les autorités tunisiennes à libérer immédiatement Mohammed Ben Salem, à lever son interdiction de voyager et à mettre fin aux campagnes de diffamation à l’encontre de sa famille. Il enjoint également la société civile tunisienne et les organisations internationales à intervenir d’urgence pour protéger les droits humains et la vie de M. Ben Salem.

Nouvelles

Le discours populiste risque de ruiner l’industrie pharma en Tunisie (Partie2)

Dr Mohamed Mefteh En plus du dommage institutionnel causé par le show populiste de la présidence tunisienne, le dégât le plus important toucherait les trois marchés de l’industrie pharmaceutique tunisienne : Les entreprises tunisiennes du pharma vont se trouver discréditées vis-à-vis de leurs clients. Les marchés conquis pourraient se perdre. Les possibilités de développement vers de  nouveaux marchés seraient plus difficiles. Les grandes firmes pharmaceutiques qui sous-traitent tout ou une partie du processus de fabrication de leurs produits vont douter de la capacité des entreprises tunisiennes à assurer la qualité requise de leurs labels qualité et pourraient devenir plus réticentes à sous-traiter auprès des laboratoires tunisiens. Déjà souffrant du problème de la crédibilité des génériques, ce marché serait plus hostile aux produits pharma à fabrication locale et les ventes officinales des médicaments locaux serait en chute. In fine l’objectif étant détourner l’explication de la pénurie des médicaments et trouver un « ennemi », « un traitre », « un complotiste », « un corrompu » ou un « criminel » à qui on lui impute la pénurie. La SIPHAT est présenté comme un modèle concret ou des corrompus et des criminels s’abstiennent d’approvisionner la pharmacie centrale (PCT) et les hôpitaux et se réjouissent de laisser périr les médicaments dans un lieu de stockage non approprié. Ainsi : En outre, le petit stock des produits périmés ne peut pas expliquer la pénurie de médicament notamment les médicaments vitaux. La réalité étant que cette pénurie est liée aux difficultés financières que vit la PCT. En effet, faute de financement adéquat, la PCT ne peut plus payer les laboratoires fournisseurs de médicaments, les délais de payement des factures est plus qu’une année et par conséquent la dette auprès de ces labos s’alourdie. Le retard de payement a poussé les laboratoires à rationner leurs approvisionnements de la PCT puis dans un deuxième temps, ont conditionné l’approvisionnement par un payement à l’avance. Ajoutons que les difficultés financières de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ont impacté les engagements de la PCT pour fournir aux assurés sociaux les médicaments relatifs aux maladies chroniques et les médicaments anti-cancéreux.  D’autre part, dans le cadre du tiers payant, ces difficultés ont impacté le remboursement des quotes-parts des officines privés. En réaction, pour garantir leurs liquidités financières, les officines privés optent plutôt à servir leurs clients qui payent cash avant les clients CNAM, ce qui leur fait sentir une pénurie dans l’offre. Cela étant, au-delà de ce brouillard populiste néfaste, le vrai défi consiste plutôt à assurer un financement durable de la PCT, prévoir un plan de redressement et de sauvetage de la SIPHAT, et présenter un plan de développement à l’industrie pharmaceutique tunisienne par rapport aux besoins des marchés local, régional et africain. Négligent ces questions stratégiques en plongeant dans ce discours populiste mènera le secteur pharma et l’économie entier vers la catastrophe.

Publications

Le populisme du président Tunisien (Partie1)

Dr Mohamed Meftah Le populisme du président tunisien continue à toucher de plein fouet l’économie du pays. Après sa déclaration de 2021 annonçant que le paysage politique du pays n’est pas attractif et n’encourage pas l’investissement, les appels au boycott des marchandises et des sociétés tunisiennes opérant en Afrique par suite des propos racistes et discriminatoires de président contre les émigrés africains en Tunisie. Le 23 février 2023 le président a récidivé en portant un autre coup dur au secteur de l’industrie pharmaceutique tunisien. Avec un taux de croissance moyen avant la crise Covid-19 de 16%, ce secteur constitue un floran de l’économie tunisienne en employant plus de 13 000 personnes (FIPA, 2020). Une part importante des emplois concerne une main-d’œuvre hautement qualifiée, notamment des pharmaciens, des médecins, des ingénieurs et des vétérinaires . La valeur des exportations tunisiennes des produits pharmaceutiques était de 75,8 millions USD, en hausse de 65 % par rapport à 2010[1]. Le marché mondial des produits pharma devrait se développer à un taux de croissance annuel de 11,1 % entre 2021 et 2025[2]. Au lieu de soutenir cette croissance et ainsi doter la Tunisie d’une manne financière stable, le président tunisien a préféré naviguer dans l’autre sens. A l’occasion d’une visite orchestrée à la société des industries pharmaceutiques de Tunisie (SIPHAT), il a réclamé :« Pourquoi est-ce qu’en Tunisie, le paracétamol n’est pas efficace alors que le même médicament, à l’étranger, élimine les douleurs en une heure ? Ceci est dû au fait que les médicaments en Tunisie ne sont pas aux normes. Ceci est un crime ! », a-t-il dénoncé.[3] Une déclaration qualifié par les spécialistes de la branche de destructrice d’un processus de travail qui dure depuis cinquante ans du secteur pharma, soumis à une rude concurrence au niveau international. Le prédisent tunisien s’autorise à qualifier  le paracétamol fabriqué en Tunisie d’inefficace et de mauvaise qualité, en le comparant à celui fabriqué par les concurrents étrangers. Des interpellations ? oui ça existe et en abondance : Sur quelle étude scientifique, le président s’est basé pour annoncer « sa vérité »? Dans quel journal indexé cette étude a été publié ? qui sont les médecins tunisiens ou étrangers prescripteurs du paracétamol fabriqué en Tunisie qui ne sont pas satisfait des résultats obtenus ou qui ont notifié des effets indésirables graves chez leurs patients? Quel est le phénomène de pharmaco toxicité lié au paracétamol fabriqué en Tunisie découvert par le président et qui a motivé sa déclaration sans que le centre national de pharmacovigilance – organisme responsable du suivi des incidents et des accidents liés à l’usage des médicaments – ne le sache ? Dans quel rapport de l’inspection pharmaceutique le président a trouvé des anomalies normatives soit dans le processus de fabrication du paracétamol soit dans les conditions d’octroi de licence d’exploitation des usines fabriquant le paracétamol soit enfin lors des contrôles périodiques des échantillons des lots fabriqués. ? Dans quel rapport le Centre national du contrôle des médicaments a évoqué des non-conformités du paracétamol et qui a servi au président pour mettre en cause la qualité du médicament fabriqué en Tunisie ? pourquoi ce rapport n’est-il pas communiqué aux fabricants pour corriger l’écart ? Il est certain qu’aucune de ces hypothèses n’est vrai. Par cette déclaration populiste, le président porte une nouvelle atteinte au secteur pharmaceutique tunisien qui entache les institutions de gestion, de régulation et de contrôle des médicaments et nuit aux opportunités de coopération internationale et aux opportunités de marché. Sur le plan institutionnel, le président a discrédité toutes les institutions de l’Etat qui interviennent dans le contrôle de qualité et la régulation du secteur de médicaments. Quatre institutions spécialisées sont mises sur les sellettes : Par ailleurs, la déclaration du président met en question l’efficacité et l’apport des conventions et des programmes de coopération et de parrainage qui lie la DPM aux différents organismes normatifs du domaine pharmaceutique qu’il soit à l’échelle régionale ou internationale. En effet depuis le 17 mai 1998, la DPM a le statut de Centre Collaborateur de l’OMS en matière d’enregistrement des médicaments et de réglementation pharmaceutique et depuis l’année 2001, la DPM bénéficie du l’appui de la coopération italienne pour renforcer ses activités. Au niveau régional la DPM coopère avec les principaux pays de la Méditerranée Orientale EMRO et ceux de l’Afrique francophone AFRO dans le domaine du médicament et en matière d’usage rationnel des médicaments. Enfin, la DPM collabore avec l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé via le protocole d’arrangement pour le programme cadre de coopération privilégiée. Tous ces programmes de collaboration entre la DPM et les organes normatifs n’ont pas suffi pour offrir du paracétamol de bonne qualité ! Cela étant, en s’attaquant au secteur le plus réussi dans l’économie, on a tendance à décrire ce comportement politique de suicidaire pour l’économie, mais semble être satisfaisant pour un tyran en marche, soutenu par la « démocratie française » et par le président français Macron en personne.  Certes, la voie populiste pourrait être la mieux adaptée au président tunisien pour gouverner à court terme un pays souffrant d’une crise politique, sociale et économique sans précédent. C’est aussi le moyen le plus rapide pour tenter d’« enterrer » une démocratie récente qui risque de donner du sens à l’indépendance du pays et aux libertés des individus. [1] ibid [2] Promouvoir des réformes du climat de l’investissement et des affaires dans le secteur pharmaceutique en Tunisie, Document de travail .Tunis, 5 avril 2022

Publications

Libye : Le Centre de Genève pour la démocratie et les droits de l’homme salue l’organisation d’élections législatives et présidentielles cette année

Le Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains (CGDDh) a exprimé sa satisfaction de l’exposé présenté par M. Abdullah Batili, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU tenue le lundi 27 février 2023. Cette présentation portait sur l’initiative de l’ONU de tenir simultanément des élections législatives et présidentielles en Libye cette année. Le Centre de Genève exprime sa satisfaction quant aux efforts déployés par l’envoyé de l’ONU pour respecter la volonté des électeurs libyens, qui représentent plus de 2,8 millions de citoyens en droit de vote et qui attendent depuis plus d’un an de pouvoir exercer leur droit constitutionnel. M. Taher Al-Bahloul Abu Shaqur, membre du Centre et conseiller chargé du dossier libyen, annonce son soutien aux efforts de l’envoyé de l’ONU pour établir un comité de pilotage de haut niveau en Libye. Toutefois, il estime que cela doit être réalisé en prenant en compte les différentes sensibilités libyennes, notamment les représentants des partis et personnalités politiques, les chefs tribaux, les organisations de la société civile, ainsi que les acteurs en sécurité et les représentants des femmes et des jeunes.M. Abu Shaqur appelle également la mission de l’ONU à tirer parti de ses expériences antérieures, en veillant à assurer une véritable représentation du tissu social libyen et en accordant une attention particulière à la lutte contre la corruption. En outre, M. Abu Shaqur soutient une réconciliation nationale réelle et durable, tel que mentionné par l’émissaire onusien, et encourage ce dernier à solliciter l’expertise de l’Union africaine et à respecter les pouvoirs du Conseil présidentiel libyen, pour y parvenir. Le Centre de Genève salue les efforts du Comité militaire mixte libyen 5+5 et apprécie son soutien par l’envoyé de l’ONU, notamment en vue du retrait inconditionnel de toutes les forces étrangères et mercenaires du territoire libyen. Il souligne également la nécessité de protéger les ressources libyennes contre tout pillage ou gaspillage. Le Centre appelle à l’orientation des ressources du peuple libyen pour protéger sa liberté, réussir son processus démocratique et lui offrir les moyens pour une justice sociale conforme aux principes d’équité, d’égalité et de non-discrimination. Enfin, le Centre exprime son espoir d’intensifier les efforts communs pour parvenir aux élections libyennes dans les meilleurs conditions et se tient à disposition pour offrir son expertise afin d’assurer le plein succès de ce processus.

Communiqué de Presse

La situation des juges et des avocats arrêtés en Tunisie au cœur d’une rencontre entre le président du CGDDH et la rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats

Le Président du Centre de Genève pour la démocratie et les droits humains (CGDDh), Me Ridha Ajmi, a rencontré aujourd’hui la Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, Madame Margaret Satterthwaite, pour discuter de la situation de plus en plus inquiétante des magistrats et des avocats en Tunisie. Lors de cette rencontre, Me Ajmi a mis en avant la vague d’arrestations des opposants politiques qui s’est accentuée en février 2023, et qui a entraîné l’emprisonnement de nombreux avocats et magistrats en Tunisie. Le président du CGDDh a également abordé et complété les dossiers du magistrat Bachir Akermi, qui a été victime d’un internement forcée dans un hôpital psychiatrique dans la tentative de le faire taire, et de l’avocat Noureddine Bhiri, hospitalisé et menant une grève de faim depuis son arrestation, qui a été agressé au point de lui casser l’épaule de sa main gauche par la police tunisienne. D’autres dossiers ont été également abordés, comme celui du processus de harcèlement ciblé et continu du président du parlement tunisien dissout Rachid Ghannouchi et les plaintes en cours d’instruction par devant les instances onusiennes et africaines pris en charge par le CGDDh. De sa part, Madame Margaret Satterthwaite a confirmé son observation attentive de la situation en Tunisie et nous avons pu lui fournir des nouvelles informations sur les cas de M. Akermi et de M. Bhiri. Me Ajmi a exprimé clairement à la Rapporteuse spéciale que le CGDDh, actif au sein de la société civile internationale, condamne fermement le harcèlement et les violences à l’encontre des magistrats et des avocats en Tunisie, ainsi que la récente vague d’arrestations des opposants politiques. Le Centre s’allie aux autres organisations préoccupées par la péjoration de l’état des défenseurs des droits de l’homme et magistrats, pour appeler les autorités tunisiennes à respecter les droits humains et à garantir l’indépendance de la justice et des avocats.Le Centre reste ainsi très vigilant sur cette situation préoccupante en Tunisie et continue à suivre de près les développements en pleine collaboration avec les instances internationales compétentes.

Communiqué de Presse

Réponse du CGDDH aux déclarations racistes et haineuses envers les Africains subsahariens du président tunisien

Le Centre de Genève pour la Démocratie et les droits humains (GCDHR), une organisation basée à Genève qui promeut la démocratie et le respect des droits de l’homme, exprime sa profonde préoccupation face aux déclarations racistes et haineuses du président tunisien, Kaïs Saïd, envers les migrants d’Afrique subsaharienne. Le GCDHR informe l’opinion publique internationale qu’il a déposé trois dénonciations/plaintes auprès du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, Madame Ashwini K.P., Rapporteuse spéciale aux Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. Elle a également informé le Secrétariat général de l’Union européenne, sur la base de l’article 2 l’Accord d’Association entre la Tunisie et l’UE qui fait du respect des droits humains un cadre impératif aux parties, sollicitant aussi l’examen des conditions des accords bilatéraux de la Tunisie et les membres de l’Union dans l’exécution de l’externalisation des frontières européennes, à l’origine de l’augmentation du nombre des immigrés en Tunisie dans des conditions inhumaines et inacceptables. Dans les trois plaintes déposées, le GCDHR a souligné qu’il est préoccupé par les vagues d’arrestations massives et d’agressions arbitraires visant les migrants subsahariens en Tunisie, ainsi que par les violations des droits humains signalées quotidiennement, allant du traitement inhumain et dégradant, à la détention arbitraire, à la confiscation des téléphones et à la privation d’accès aux soins médicaux. Ces pratiques violent les obligations de la Tunisie en matière de droits de l’homme et de protection des migrants, ainsi que les normes internationales en la matière. Il convient de rappeler que lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale le 21 février 2023, le président tunisien a accusé les migrants subsahariens de vouloir « modifier la composition démographique de la Tunisie », et a appelé à la fin rapide de cette immigration. Ces propos ont été condamnés par le l’ONU, l’OUA et la société civile tunisienne et internationale, comme étant inacceptables et racistes. Le président tunisien, au lieu de s’excuser de ses propos racistes, les a plutôt justifiés le lendemain même. La diplomatie tunisienne a fait de même, au plus grand étonnement de l’opinion internationale. Le GCDHR appelle le gouvernement tunisien et ses partenaires européens, en particulier la France et l’Italie, à respecter pleinement ses obligations en matière de droits de l’homme et à mettre fin immédiatement aux pratiques discriminatoires à l’encontre des migrants subsahariens à la frontière de l’UE. Il demande également au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, à la Rapporteuse spéciale sur le racisme et l’Union européenne de prendre des mesures urgentes pour enquêter sur les violations des droits de l’homme en Tunisie et pour faire en sorte que les auteurs de ces violations soient tenus responsables.

Communiqué de Presse

Des ONG appellent à agir contre l’islamophobie en Europe : le Centre de Genève pour la Démocratie et les droits humains prend la parole

Le Centre de Genève pour la Démocratie et les droits humains, accompagné de 38 autres ONGs de différents pays dans le monde, a adressé une lettre urgente au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour exprimer sa profonde préoccupation quant aux actes odieux de brûlure du Coran dans certains pays européens, tels que la Suède, le Danemark et les Pays-Bas. “Nous soulignons l’importance de la protection des droits de l’homme en Europe et appelons à renforcer la culture de la tolérance, de la coexistence et du respect de la diversité culturelle et religieuse. Nous sommes profondément préoccupés par la propagation d’idéologies radicales et discriminatoires qui mettent en danger la sécurité et la paix sociale. Nous appelons l’ONU à prendre des mesures concrètes et urgentes pour lutter contre l’islamophobie rampante en Europe, qui menace gravement les droits des minorités musulmanes et peut conduire à de graves violations des droits de l’homme. Nous demandons également au Secrétaire général des Nations unies de condamner avec clarté de tels actes racistes et de sensibiliser le public aux dangers de l’islamophobie pour le respect des droits de l’homme.Pour plus d’informations, veuillez consulter le document adressé aux Nations Unies. Nous encourageons tout un chacun à soutenir notre cause et à prendre des mesures pour lutter contre l’islamophobie en Europe.”

Communiqué de Presse

Le CGDDH dénonce la vague de répression continue en Tunisie

Le Centre de Genève a appris que la police tunisienne a arrêté mercredi 22 février 2023 Issam Chebbi, secrétaire général du Parti Républicain الحزب الجمهوري التونسي, la militante Chaïma Issa, membre du Front de Salut tunisien جبهة الخلاص, une coalition de groupes d’opposition la plus large et représentative de l’opposition tunisienne. En outre, les forces de police ont encerclé le domicile du Professeur Jawher Ben M’barek qui est aussi leader au sein du Front de Salut, dans le but de l’arrêter. Ces militants sont connus par leur opposition au coup d’Etat perpétré en Tunisie le 25 juillet 2021 par le président tunisien en fonction. Les politiciens détenus sont accusés de « conspiration contre la sécurité de l’État », selon les avocats proches du dossier. Le Centre de Genève a aussi appris de sources fiables que le domicile du militant Issam Chebbi a été perquisitionné. Le président tunisien décrit ses leaders politiques et opposants comme des criminels et des traîtres voulant nuire à la sécurité de l’État. Il a qualifié, le jour même de leur arrestation, ceux qui les soutiennent comme des associés à leurs « crimes », en qualifiant le Front de salut national représentant la majeure partie de l’opposition tunisienne et qui formait auparavant la majorité au parlement dissous illégalement par le président, d’organisation criminelle “payée” dont “la Tunisie veut se débarrasser”, un discours discriminatoire très inquiétant qui se répète depuis le 25 juillet 2023 et apporte désormais ses fruits depuis le début de l’année 2023. Il convient aussi de rappeler que depuis le coup d’Etat annonçant l’arrêt du processus démocratique le 25 juillet 2021, le président tunisien s’est octroyé la totalité des pouvoirs, exécutifs, législatifs et judiciaires. Il dirige le pays par décrets-lois non sujets aux recours et mis en place une nouvelle Constitution très largement contestée qui a fait aussi l’objet d’un fort taux d’abstention. Le centre rappelle que ces arrestations de nature politique s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle vague de répression de l’opposition lancée depuis les résultats chaotiques des législatives organisées par le président tunisien fin janvier 2023, qui ont abouti à un taux de participation historiquement bas (environ 11 %), dévoilant ainsi le mécontentement du peuple tunisien du processus non démocratique engagé depuis le coup d’Etat. Plusieurs autres leaders politiques, hommes d’affaires, journalistes et magistrats ont été arrêtés auparavant. Les Nations Unis, ainsi que l’Union européenne, ont dénoncé vivement ces mesures et ont appelé au respect de la loi et des libertés des Tunisiens. Cela étant, le Centre appelle la communauté internationale et l’Organisation de l’Union Africaine à dénoncer vivement et fermement ce dérapage dangereux qui marque une nouvelle étape de la dérive du pouvoir tunisien en place. Contrairement à ses déclarations précédentes, le président tunisiens a démontré qu’il n’accorde aucun crédit aux libertés fondamentales et droits des tunisiens, en violation des engagements internationaux du pays et les règles fondamentales du droit constitutionnel tunisien. Le Centre s’inquiète aussi énormément du peu de rigueur que les gouvernements européens ont manifesté face à cette dangereuse dérive, qui ne peut qu’alimenter le désordre de l’autre rive du Méditerrané et multiplier le nombre des Tunisiens qui fuient la répression et la crise sociale et économique du essentiellement à la corruption des autorités en place et son penchant vers la dictature. D’un autre côté, le Centre dénonce la position coloniale des autorités françaises, qui continuent de soutenir les coups d’Etat dans ses anciennes colonies, comme la Tunisie, dans le but de perpétuer sa mainmise et son exploitation des richesses dans des conditions défavorables aux peuples, occasionnant délibérément la pauvreté et le désordre et provoquant les vagues de migration massive vers la rive européenne du la Méditerranée. Enfin, le Centre de Genève appelle les bailleurs de fonds et les pays donateurs de bien saisir la différence entre l’aide à apporter au peuple tunisien qui souffre d’une crise économique et sociale sans précédent, et le soutien à un régime totalitaire soutenu par la France qui puise sa seule légitimité dans des mesures policières.  

Communiqué de Presse

Tunisie : Le CGDDH condamne fermement l’arrestation des journalistes tunisiens

Le Centre de Genève pour la Démocratie et les Droits humains a appris que la police tunisienne a procédé aujourd’hui 23 février 2023 à l’arrestation de l’équipe de journalistes du site d’information https://onetn.net.La police tunisienne a séquestré les ordinateurs et les portables des journalistes arrêtés, puis conduits vers une destination inconnue. Informations reçues de la part de la famille d’un des journalistes détenu, un avocat a pu les voir mais sans pouvoir obtenir d’informations complémentaires quant à la raison des arrestations.Le GCDHR rappelle les autorités tunisiennes que la liberté d’expression est un droit humain fondamental garanti par la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que par d’autres documents internationaux, à l’instar de la Déclaration de Principes sur la Liberté d’Expression en Afrique du 23 octobre 2002. Le Centre rappelle aussi que la promotion de la libre circulation des informations et des idées et un plus grand respect de la liberté d’expression, qui réaffirme l’importance cruciale de la liberté d’expression en tant que droit humain individuel, pierre angulaire de la démocratie et aussi en tant que moyen pour garantir le respect de tous les droits humains et libertés fondamentales de l’homme. Le Centre, convaincu que le respect de la liberté d’expression et du droit d’accès à l’information détenue par les organes et sociétés publics mène à une plus grande transparence et responsabilité publiques, ainsi qu’à la bonne gouvernance et au renforcement de la démocratie, précise que les lois et pratiques qui répriment la liberté desservent la société ne peuvent justifier la violation des droits humains. Il appelle les autorités à respecter l’intégrité physique des journalistes arrêtés et à garantir leur droit à un procès équitable. Enfin, le Centre requiert du Syndicat tunisien des journalistes à agir pour s’opposer à cette vague de répression de la liberté de presse en Tunisie et à offrir aux journalistes arrêtés l’assistance juridique nécessaire.

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